AS: IS

 

   Christine Abdelnour : alto saxophone

   Bonnie Jones : electronics

   Andrea Neumann : inside piano, mixing board

 

OlofBright label - OBCD 35

Recorded at Q-02, Brussels, 2011

 

"An international trio of greatest renown. Andrea Neumann being one of the leading improvisors in the Berlin scene, master of the inside piano. Bonnie Jones, Baltimore and Seoul, one of the creators of the new South Corean impro, a challenging unique artist on electronics. Christine Abdelnour (ex Sehnaoui) has changed the sound of the alto saxophone since her first appearances (OBCD 16-17 and OBCD 19). A breathtaking trio performance." THOMAS MILLROTH

 


REVIEWS

  • IMPROV SPHERE

By Julien Heraud

 

Dès les premiers sons, une chose paraît claire pour le trio Abdelnour/Jones/Neumann, il faut créer un son collectif unique, composé des voies et des singularités de chacune. Superposer deux explorations acoustiques profondes (le saxophone alto de Christine Abdelnour, l'intérieur du piano pour Andrea Neumann) et une utilisation minutieuse et espacée de l'électronique (Bonnie Jones). Et c'est une réussite. Si toutes trois, individuellement, ont su marqué le paysage sonore des pays qu'elles ont habité (France pour Christine Abdelnour, États-Unis et Corée du Sud pour Bonnie Jones, Allemagne pour Andrea Neumann), ensemble, leur collaboration explose les frontières et les particularités géographiques aussi bien qu'esthétiques. D'un autre côté, je m'enthousiasme peut-être un peu trop, car oui: il s'agit tout de même clairement d'eai, d'improvisation libre et électroacoustique bercée par des influences minimalistes et réductionnistes. Mais tout de même...

Les territoires peints par ces trois musiciennes sont des paysages sonores abstraits, aux longues étendues sans être linéaires. Des paysages calmes et simples, mais d'une richesse parfois insoupçonnée. Les détails fourmillent, des détails électroniques et acoustiques qui révèlent la personnalité de chacune. Le souffle (organique) de Christine Abdelnour filtré par l'alto et son plateau, les longs crépitements et le souffle (électrique) de la table de mixage ou le frottement abstrait des cordes (préparées) du piano d'Andrea Neumann, le tout soutenu par des radios et des parasites électroniques rudimentaires mais soigneusement choisis par Bonnie Jones. Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres, car l'exploration de chaque outil/instrument est d'une profondeur et d'une richesse inouïes. Pour ceux qui connaissent l'une ou l'autre de ces musiciennes (ou toutes), vous soupçonnez certainement leur tendance à rivaliser d'inventivité, de virtuosité  et d'ingéniosité, et vous savez jusqu'où elles peuvent surprendre.

Ceci-dit, ce n'est pas non plus une démonstration gratuite de force et de virtuosité. Les singularités et la voie de chacune sont une part fondamentale des improvisations, ce sont même les fondements, mais la finalité première reste de construire un son collectif (composé de trois strates qui ne se différencient pas toujours et surtout pas aisément). L'interaction semble reposer sur un principe de respect permanent et d'équilibre entre chaque musicienne, mais aussi entre le son et le silence (j'y reviendrai). Même si on ne sait pas toujours qui est en train de jouer: si quelqu'un intervient, on l'entend, et chaque intervention entre en compte dans la direction que la musique prendra. L'espace est calme, aéré, intime et à ouvert à toutes propositions (ainsi qu'à toute absence de propositions): une ouverture sur l'infini des possibles. Et à l'intérieur de cet espace sonore très riche, qui se distord lentement par de micro-évolutions engendrés par des micro-évènements, on peut ressentir une grande attention et une grande sensibilité à chaque évènement, mais également au déroulement et à la construction des évènements. Il ne s'agit pas seulement de réagir, mais également de construire ensemble et d'assumer les réactions de chacune, aussi inattendues soient-elles.

Quant à l'équilibre entre le son et le silence, je ne pensais pas une omniprésence formelle du silence considéré comme matériau sonore. Il s'agit plutôt d'un silence constamment sous-jacent, d'un silence ressenti par la délicatesse avec laquelle chacune des musiciennes en extrait la matière sonore - car chaque son est extrait du silence avec une espèce de difficulté respectueuse, comme pour ne pas le brusquer. Silence que l'on peut aussi ressentir dans l'instabilité du son par moments. Un silence qui aide à construire la musique sans être nécessairement utilisé comme matériau musical. Un silence qui participe et construit ce caractère si délicat, sensible, fin et inventif que l'on perçoit tout au long de AS:IS.

Sept improvisations calmes et intimes, très créatives et exceptionnellement riches. Un très bon exemple de musique improvisée après la gloire de l'eai et du réductionnisme. Hautement recommandé!

 

  • JAZZWORD by KEN WAXMAN

An important early 1960s disc by alto saxophonist Jackie McLean is called One Step Beyond, and when it comes to 21st Century saxophone sounds, Paris-based alto saxophonist Christine Abdelnour is involved with taking that proverbial step. Although she plays the same instrument as McLean, her reed experimentation as nothing to do with the Freebop practiced by McLean and others in the last century. Instead, as these absorbing CDs attest, her saxophone is a means to an end as a method of sound projection. Accepting as given the microtonalism and extended techniques practiced by reedists like Bertrand Gauguet and John Butcher, she improvises in an idiosyncratic manner which is more about tone synthesis then virtuosity.

At the same time, Abdelnour, whose musical partners have ranged from dancers and poets to drummer Michael Zerang and guitarist Andy Moor, is a contented group improviser, as are her partners here. Berlin-based pianist Magda Mayas, who often works with drummer Tony Buck, uses extended techniques, protracted silences and inner-piano forays in her duo CD with the saxophonist. On the other CD, fellow Berliner Andrea Neumann, who has worked with among many others, turntablist Ignaz Schick and trumpeter Axel Dörner, plays a specially designed inside piano, extending the core with electronics and novel techniques. Baltimore-based Bonnie Jones, the third part of As: Is, works in many contexts with electronic music and text.

A few pre-recorded sounds and voices do enter some of the seven tracks on the trio CD, but for the most part the selections are purely instrumental, mixing electronic cackles, buzzes and drones from Jones with Neumann’s reverberating piano strokes and low-frequency chording plus Abdelnour’s harsh interface of sliced notes, flat-line breaths, tongue slaps and throat gurgles. Most tracks are like “Movement imported into Mass”. During the exposition of unaffiliated tones, long pauses bisect the narrative which otherwise features rubbed and scraped piano strings, segments of found sounds and patched-in hisses, snores and oscillations from Jones and the saxophonist volume-swelling recorder-like peeps and vibrating split tones. Such is the reedist’s skill though, that at one point a certain processed hum from Jones is replicated acoustically by Abdelnour.

This dualism is stressed elsewhere as spittle-encrusted reed buzzes adjoin crackling granular synthesis or soundboard reverb and balanced chording from Neumann construct an addendum to the saxophonist’s agitated un-pitched trills. Overall however the interaction is between electronics and reed timbres. A harsh reed bite cuts off a protracted episode of electronically propelled crowd noises on “Despair” for instance. Juddering flanges and textures accompany buzzes, whistles and puffs on “Ganzfeld”, while the un-segmented tone Abdelnour creates by blowing transversely into her horn is matched by door-stopper resonations plus continuous static drones from Neumann on “And Transport”.

Among this cacophony the pianist’s main contribution is string-stretching, however on the other CD Mayas is more upfront with broken-octave interface. This may relate to the fact that Myriad is a live CD, mostly given over to one extended improvisation. But even on the more concise and concentrated “Cyanide”, unique patterns from Abdelnour that suggest watery squeals from a bubble pipe are appropriately countered by Mayas’ keyboard strokes and string plucks.

On the nearly 28-minute title tune subtle equilibrium is maintained throughout, albeit with nothing as upfront as call-and-response. Instead string action scrapes and simple key clicks complement singular reed tones or flat-line blowing. When Abdelnour’s lines become almost completely aviary, Mayas produces responsive tremolo tones by bowing on her string set and allowing balls to bounce on the strings. Created by pedal pressure and rings and keyboard smashes tones, her own narrative is compromised by the saxophonist’s downward strident abstraction. Eventually the genuine physicality of the pianist’s playing uses rattling chords, string scrubs and keyboard punches to fill out the ellipses left by the saxophonist’s warbles and puffs.

Having demonstrated that she can create appropriate “one step beyond” saxophone techniques on each of these discs, Abdelnour has also found appropriate partners to participate in these sound explorations.

 

  • SOUND OF MUSIC

By Magnus Nygren

 

Kopplingen till Cage är tydlig även hos trion Abdelnour/Jones/Neumann som är släppt på Soundofmusics Thomas Millroths bolag Olof Bright. Millroth skriver i omslagshäftet till AS:IS att musiken är just en pågående process som startade för länge sedan och där John Cage öppnade upp ett mycket hårt inneslutet musikaliskt avantgarde. Frikostigt delade han ut nycklar till andra förhållningssätt, och även om Edgar Varèse och andra mycket tidigt under 1900-talet började använda ljud och oväsen i musiken var det Cage som faktiskt avdramatiserade oväsendet som musikalisk byggsten. På AS:IS finns även det anonymiserande med i bilden. Konnässören kan naturligtvis känna igen de respektive rösterna, men det krävs både kunnande och koncentration. Klangerna, som även för Christine Abdelnour drar åt det elektroniska, intervenerar och rör sig parallellt med varandra. Vad som kommer från Andrea Neumanns ”inside piano”, en ombyggd flygel utan tangenter och kropp, från Bonnie Jones elektronik, från Abdelnours altsaxofon är inte alltid lätt att veta. Och man behöver inte veta det, det känns inte så viktigt. Vad som dock är viktigt är hur de skapar tillstånd med sina ljud. Men det är föränderliga tillstånd där både mångfald av klanger och utdragna drones får plats. Även här befinner sig Abdelnour i det höga klangregistret, det brusar från elektronik, knaprar, knakar, rosslar – det mesta dock i lågmäldhetens tecken. På många sätt är det naturligtvis en extrem musik, men det funkar riktigt bra.

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